
Départ le 9 janvier à 3h30 du matin après à peine 2h de sommeil. Déjà à Orly, on se sent en Afrique : 1h30 d’attente aux guichets, pour apprendre que l’avion et finalement à Roissy ! Dans la queue, nous rencontrons Philippe, qui revient d’un tour du monde de 5 ans, prévu initialement 1 an et demi comme nous. Après un trajet en bus pour arriver à roissy et un voyage de 5h40 et une escale en Algérie (Gardaia), nous arrivons à Mopti, ou plutôt Sévaré avec 2h de retard. Sévaré est à 13km de Mopti, sur la route entre Gao et Bamako, principale route du pays. Dès la sortie de l’avion, en plein cagnard, nous somme presque « agressés » par des guides en tout genre. Il faut dire que nous arrivons avant 2 événements majeurs : le festival au désert, musique internationale en plein désert, organisé par des touaregs, principalement destinés aux occidentaux et très cher ; et la tabaski, fête du mouton, plus grosse fête musulmane avec le ramadan. Ici près de 90% de la population est musulmane. Donc les guides touristiques sont en alerte. Philippe nous propose de profiter de son transport pour nous emmener en ville, et nous libérer de cette cohorte. Nous faisons escale dans l’agence où philippe est attendu. De retour de son périple, Philippe est devenu journaliste, et il est au Mali pour son boulot. A l’arrivée, on nous offre le café, puis le déjeuner ; il est prévu qu’on nous dépose plus tard vers la gare routière. Un peu déphasés et surtout fatigués, nous nous laissons tranquillement inviter à déjeuner puis dîner. Décidément, Yannick, responsable des lieux, est très accueillant ! L’atterrissage se fait du coup en douceur. Au fur et à mesure de nos discussion avec Philippe, nous réalisons que sa petite amie, Emilie est une amie de ma mère, rencontrée à Koudougou (burkina faso), où elles ont travaillé toutes les 2 ! La boucle est bouclée ;) Nous « plantons » la tente sur le toit, et inaugurons notre tente de compet pour une 1ère nuit à la belle étoile. Le lendemain, la tabaski commence, c’est d’ailleurs jour férié, tout est fermé. Les tailleurs ont travaillé toute la nuit pour finir les costumes, les femmes se sont fait de superbes coiffures. Dès le lever du jour, chaque famille qui peut se le permettre tue un mouton, l’accroche à un arbre et le dépèce. Visite de Mopti au programme pour aujourd’hui. Nous rencontrons sur le trajet Tabitha, une américaine, et passons le reste de la journée avec elle. Ballade en pirogue sur le fleuve Niger, déjeuner chez l’habitant, avec, bien sûr, mouton au menu, nous assistons à une course de pirogue animée au sein d’un village. Premier contact avec des enfants qui nous prennent la main dès notre arrivée, qui s’achèvera, malheureusement par une scène de mendicité. Retour à Sévaré en « baché », nous admirons en silence, les tenues élégantes des jeunes et des moins jeunes, toutes les générations sont en fête. A notre retour, un mouton vivant attend terrorisé dans la cour, il sera tué demain matin …
Au réveil, le mouton est déjà mort, il faut dire que j’ai fait le tour du cadran … Aujourd’hui, je dois aller à la banque, car nous avons emmené peu d’argent. Timothé, un de membres de l’équipe, part justement en mobylette à la banque. A peine réveillée, je me rend compte qu’il part en fait à mopti. Pendant ces longues minutes sans paroles, étourdissantes de bruit, j’émerge doucement en contemplant les nénuphars dans les rizières. Arrivée à Mopti, je déchante, la seule banque acceptant les cartes, la BDM a son système informatique au Maroc. Et la Tabaski, là-bas, dure une semaine ! Je ne réalise pas encore à quel point cela va nous emmerder par la suite … Timothé me trimbale dans la ville, à la banque, à la poste, chez sa sœur, chez le réparateur de moto … Je rêve d’une douche ! Mais l’expérience valait le déplacement !
Au retour, nous décidons d’aller à Djenné, nous avons suffisamment abusé de l’hospitalité ! Ayant mis trop de temps pour décoller, nous dormons finalement à sévaré, mais dans un hotel cette fois, chez un fils de missionnaire américain très connu, nous dinons avec lui. Le repas est gargantuesque (et d'ailleurs franchement pas donné), ce qui nous empechera de dormir tellement on a le ventre plein.
Après avoir changé finalement nos quelques travellers, on prend un "baché" (J7 complètement pourri et surchargé) pour Djenné. Nous sommes embarqués dans une sacré expédition atteignant 29 adultes, 5 enfants et un enorme bidon en metal, sans compter le toit ... 2/3h inoubliables. La plupart ne sont pas du tout habitués à voir des blancs, encore moins dans ce genre de transport. Une petite fille se mettra même à hurler de terreur en voyant Guillaume (il y a de quoi, barbu comme il est on dirait un ogre :)) en montant dans le baché au milieu du voyage dans un village perdu.
A notre arrivée, nous sommes rapidement pris en charge par un guide, Afourou. Il est très difficile de faire autrement, étant donné qu'on est sollicité toutes les 3 minutes. 1ère journée, visite de la ville et de sa fameuse mosquée (bien qu'il soit interdit de rentrer dedans pour les non-musulmans) puis ballade en charette dans les villages allentours. Au coucher du soleil, nous assistons à une fête, les hommes battent le rythme, les femmes dansent et les enfants nous tiennent la main ... Le lendemain, nous décidons de partir plus longtemps et plus loin, cette fois-ci en moto. Nous découvrons des villages bozo et peuls, nous sommes invités à boire du lait caillé et je vais meme battre le mil ! Nous traversons aussi des villages de nomades (peuls également) avec leurs habitations en paille. Belle journée. Il es temps de rentrer à sévaré, nous n'avons à nouveau plus de sous ! Nous organisons avec Yannick notre départ au pays dogon, et emmenons Maggy, que nous avons rencontré à Djenné. Américaine, elle a travaillé comme bénévole dans une ONG, Peace Corp, pendant 2 ans dans un village au cameroun. C'est la camerounaise blanche. Nous voilà donc partis tous les 3, pour 10 jours de trek !!!
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