
du 12 au 22/11/2006 Les 3 premiers jours sont calmes, à se reposer dans une chambre chez l'habitant. Guillaume a encore de la fièvre et ne fait que dormir (20h par jour). Nous sommes chez des chrétiens, et pour faire concurrence à l'effervescence religieuse des hindous, ils ont décidé de faire un festival qui a débuté la veille !!! La chapelle est à 15 mètres de notre habitation et un orchestre a été lou pour l'occasion, de 18h à minuit. Un vacarme infernal. A croire que les fêtes nous suivent partout où nous allons. Ou, version plus probable, il y a des fêtes religieuses partout et tout le temps, c'est l'Inde. Pas bon pour le sommeil quoi qu'il en soit. Heureusement, au bout de 3/4 jours, la fête se termine et les femmes nous invitent à déjeûner ET dîner car elles ont préparé plusieurs plats pour l'occasion. Un vrai festin. Je suis contente de pouvoir sympathiser avec les femmes, c'est une occasion rare, déjà pour une question de langue. Elles sont en général moins éduquées. Et ensuite car elles n'ont pas de contacts avec les touristes, c'est plus souvent un domaine d'hommes. J'en profite donc, elles m'appellent à tout bout de champs pour papoter, Sandra par çi, Sandra par là. Guillaume est inexistant, les rôles sont inversés. Cela tombe bien d'ailleurs car avec sa fièvre et ses 20h de sommeil, il n'est pas franchement bavard.
Guillaume récupère enfin, sa fièvre baisse. Il n'avait pour l'instant vu la mer que de la fenêtre de la chambre, cette fois-ci il vient se baigner avec moi. L'eau est trouble, on ne voit pas ses jambes mais elle est vraiment bonne, un régal. Et le bout de plage devant notre chambre est désert. Nous nous trouvons même un petit resto italien servant des pâtes aux fruits de mer, et des poissons sortant des filets de pêcheurs.
Les 5 derniers jours, nous faisons un stage de yoga sur la plage, j'attendais l'occasion depuis le début de l'Inde. Malheureusement, les cours tournent au bagne pour moi, les positions sont hyper douloureuses, le cours est bondé (40 personnes), c'est une machine à fric et les méthodes sont militaires (Iengar). Je tiens jusqu'au bout avec Guillaume qui lui n'étant pas motivé au départ est moins deçu.
Dès que Guillaume a été en état de conduire, nous avons loué un scooter, ce qui nous permet d'aller explorer tranquillement les environs. Je comprends ce qui fait venir tant d'étrangers dans ce petit Etat d'Inde, le bord de mer comme l'intérieur ont beaucoup de charme.
22.11.2006 Départ d'Arambol aujourd'hui, sans vraiment savoir où nous partons. Quelques impératifs cependant : il nous faut faire un envoi de la poste, ce qui demande un minimum de logistique. D'abord, trouver un carton dans une supérette, ensuite, aller chez un tailleur pour préparer le paquet et que celui-ci couse un tissu autour, sur lequel l'adresse sera écrite. Puis retourner à la poste pour obtenir un document de douane à photocopier 3 fois dans une "reprographie" pour enfin arriver à la pesée : verdict 10 kilos ! Pas mal. On va se sentir tout légers. Sachant qu'il est difficile d'anticiper le temps nécessaire aux démarches, nous décidons de partir quand nous sommes prêts, et d'aviser ensuite. En effet, il nous faut à priori 3 bus pour arriver à la gare principale de Goa (3h30 de trajet estimé et probablement 70 kms), d'où nous prendrons un train dont la destination dépendra de l'heure. Enfin Guillaume n'est pas tout à fait d'accord avec ce principe étant donné que nous ne voulons pas aller au même endroit. Qui cèdera cette fois-ci ? Nous montons finalement dans le bus vers 15h, un peu fatigués de notre matinée à cavaler. Heureusement que nous avions loué un scooter ! Les paysages de Goa me plaisent : la verdure, les rivières, les papayers, bananiers, rizières, et même l'architecture propre à Goa, de style colonial y compris pour les constructions récentes. Décidemment, l'Inde du Nord est bien loin, j'ai l'impression d'être dans un autre pays ! Même le bus roule tranquillement. Ils sont vraiment plus zen, plus souriants et moins miséreux. Malheureusement, c'est au prix d'un tourisme un peu excessif par endroits, que nous avons vu de loin, avec sa population de marginaux, de hippies ou de jeunes en recherche de plages par chères pour passer la saison hivernale. Les Israéliens se font remarquer, comme souvent, et ne sont pas appréciés pour leur côté raleur et sans-gêne. Goa est aussi réputée parmi les jeunes occidentaux pour sa musique électronique et ses soirées sur la plage dans les zones les plus touristiques. Nous pensions peut-être y aller mais encore une fois, nous ne sommes pas dans l'état d'esprit à danser. Je ne saurai dire si c'est la fatigue accumulée que nos cernes creusées sous les yeux nous rappellent devant un miroir, où notre difficulté à nous identifier aux personnes que nous rencontrons, ce qui nous empêche de nous laisser aller, mais nous devenons des sauvages, souvent sur nos gardes, à calculer nos dépenses quotidiennes et à mesurer l'énergie requise pour chaque activité. Faire la fête nous demande 3 jours minimum de récupération et il nous reste tout juste 1 mois pour visiter le sud de l'Inde, question de priorité ...
Nous réussissons à trouver un bus direct pour Panjim, la capitale au lieu de 2 bus prévus initialement, toujours ça de gagné. Nous arrivons de nuit à la gare. Nous prenons finalement un train pour Fort Cochin dans le Kerala et traversons l'Etat du Karnataka sans nous y arrêter. Une autre fois j'espère. A l'arrivée à la gare, je suis affamée. Nous nous sommes habitués depuis 15 jours à ne faire que 2 repas par jour. Je suis soulagée de découvrir un resto ou plutôt une cantine sur le quai, c'est rare. D'ailleurs, la gare est anormalement propre et les guichetiers étonnament aimables. Notre dîner sera pourtant gâché par des plats ultra épicés alors que j'avais passé 5 mn à décortiquer le menu pour savoir quel plat était dépourvu d'épices, d'autant que j'ai un retour de diarrhée depuis hier.
Pour le train, nous sommes passés à la catégorie supérieure. Guillaume ne dormait pas en 2ème classe, entre les cafards, les banquettes en plastique noires de crasse et la proximité avec les indiens curieux, bavards et parfois insistants. L'écart de prix n'est malheureusement pas proportionnel au comfort mais cette fois-ci nous avons la clim et des draps tout en étant 8 par compartiment non cloisonné. C'est la 1ère fois que j'apprécie d'avoir la cimatisation pas tant pour la chaleur mais pour l'humidité qui rend moite. Bonne nouvelle au réveil, nous avons bien dormi. A la sortie du train, nous découvrons une humidité encore plus forte qu'à Goa. |