
22/02/06 Départ pour Kumasi. Dès l’arrivée à la gare routière à Ouaga, nous sentons le changement : le bus est climatisé, les places numérotées, les sacs étiquetés et les sièges en cuir beige … la classe. Cela ne l’empêchera pas de tomber en panne peu après le passage de la frontière ! Nous attendrons 2/3h à Bolgatanga, 1ère gare routière du Ghana sur cette route. Il fait une chaleur intenable. Pour autant, les départs des bus sont annoncés au micro, toutes les infrastructures sont mieux développées. La communication dans le bus en revanche n’est pas évidente : nous ne savons pas quand il faut manger, combien de temps durent les pauses … Ce qui me vaudra une petite frayeur. A la pause de 19h, en observant mes voisins, j’ai commandé un plat, mais un peu tardivement à force d’hésiter entre les têtes de poisson et les tripes de bœuf (!). Bref le bus se décide à repartir, sans moi, aucun scrupule. Heureusement Guillaume se met héroïquement devant le bus pour l’empêcher de partir. Décidément le chauffeur n’est pas commode. D’ailleurs il conduit comme une brute ! Les routes ont beau être meilleures, je suis encore plus concentrée sur la route, craignant un accident toutes les 10 min. Plus tard dans la nuit, Guillaume m’annonce avoir vu un véhicule accidenté sur le côté avec des corps inertes … Nous pensions arriver vers 22/23h au départ mais avec le retard accumulé, nous arriverons vers 3h30 du matin, heure idéale pour trouver un hébergement ! Nous nous groupons avec une hollandaise et un polonais et nous dirigeons vers le lodge le plus proche. Tout est fermé mais nous réussissons à réveiller le gardien, qui essaye de nous soutirer de l’argent pour ouvrir. Ca commence. Nous ne cédons pas au chantage et nous finissons par entrer, dans la pénombre. Une fille allongée sur le canapé, à peine habillée, ne daigne pas nous parler, elle ne semble pas vouloir se réveiller tout à fait. D’ailleurs, nous restons dans le noir jusqu'à ce qu’une autre fille vienne et nous propose les dernières chambres disponibles. Nous partons nous coucher tous les 3 dans la même chambre, épuisés.
23/02/06 Kumasi, Ghana. La journée commence mal. Après à peine 6h de sommeil, je suis réveillée malgré le masque et les bouchons d’oreille par des coups de marteaux incessants. L’hôtel est en rénovation, l’horreur ! Le bruit me tape sur le système, je suis crevée. Ma mère qui n’a rien avalé la veille, est affamée. Apres une douche expéditive, je me décide à changer au plus vite d’hôtel, je ne tiens plus. C’est à ce moment que Guillaume émerge en percevant nos va-et-vient. Apparemment non-dérangé par le ram-dam des travaux, il découvre 2 furies le sommant de se préparer au plus vite. Ambiance électrique. Nous optons pour un petit-déj dans la guest-house de l’église presbytérienne, non loin, où nous tenterons d’avoir une chambre. Ouf, un peu de calme ! La journée est foutue, nous sommes fatigués, de mauvais poil, pas du tout en état d’aller découvrir la ville. En fin d’après-midi nous nous motivons tout de même à aller assister à un gospel à l’église presbytérienne du coin et nous achevons la journée de bien meilleure humeur dans un resto assez classe.
24/02/06 Kumasi, Ghana. Cette fois-ci nous sommes bien reposés et déterminés à visiter la ville. Au programme : le grand marché, un des plus grands du continent africain, et après-midi le musée Ashanti, royaume majeur du pays, avec des rites et une culture bien conservés. L’approche du marché est déjà étourdissante, la zone est noire de monde, ça grouille, ça crie, on dirait une fourmilière. Il faut suivre le flot des passants au risque de provoquer un embouteillage. Quand on s’arrête, mieux vaut se « parquer » sur le côté dans un coin. Nous découvrons les escargots géants, vivants et bien baveux, faisant 15 fois la taille des nôtres. J’ai beau être française, impossible d’envisager d'en manger ici, même en morceaux dans une soupe. Nous ratissons le marché de long en large, entre les pâtes de cacahuète et la farine de manioc, les stands de chaussures « made in Ghana » et les sacs de riz parfumé thaïlandais. Bientôt les stands alimentaires nous mettent en appétit et nous nous mettons à la recherche d’une terrasse au moins pour nous désaltérer et nous poser. Nous avons beau marcher dans le centre, aucun bar, resto ou même de chaise pour s’asseoir. Il y a bien quelques stands de bouffe mais pas même un banc à côté. Les gens mangeraient-ils donc debout ou en marchant ? Au bout de 20 mn je déclare forfait et prend le parti de demander aux commerçants. Miracle : il nous indique un resto à 50 m. Quelque chose a dû nous échapper … Il fait chaud, on est lessivé. Nous décidons de repasser par la guest-house pour acheter les billets de bus à la gare voisine, avant d’aller au musée. Cela nous sera fatal ! Impossible de redécoller. Nous émergeons vers 16h, trop tard pour le musée. Il n’en fallait pas moins pour taquiner à nouveau notre humeur. Heureusement les billets de bus sont pris pour le lendemain, nous partons pour la côte ! N’ayant pas les mêmes impératifs temps avec ma mère, il nous faudra quelques heures pour réfléchir à la meilleure option pour tout le monde, et à l’organisation des prochains jours.
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