
13/03/06 Au moment du petit-déj, nous apprêtant a partir, je rallume le portable et découvre un message de mon père datant de la veille m’annonçant que lluvi est au plus mal à nouveau. Etonnament je ne ressens plus rien. Mes tentatives pour lui envoyer de bonnes ondes sont vaines, je sais qu’elle n’est plus là, même si j’attends le verdict. Le lien est coupé. Mon intuition se confirme sous la douche quand je crois entendre m’appeler. Je sais que le texto est arrivé quand Guillaume m’affirme le contraire. Peu importe, je ne suis plus dans le domaine du rationnel mais du ressenti. Je sais, c’est tout. L’accumulation de galères est telle que je ne suis même pas triste. J’ai juste envie que l’on me sorte de ce cauchemar. Tel un automate, je fais mon sac. Objectif no 1 me casser d’ici, retrouver internet au plus vite. Dans le minibus du retour, les larmes me coulent sur les joues simplement, sans bruit. Lluviana n’est plus.
Arrivés a Accra, après avoir eu quelques détails par Laetitia (ma sœur) en tchat, en larmes toutes les 2, nous fonçons a l’hôpital pour faire le test du palu voir si Guillaume est bien soigné. Résultat positif, c’est fini, mais coût 10 euros, pareil qu’à Ada pour toute l’hospitalisation ! Dîner dans notre 1er resto français depuis le début du voyage, arrosé de côte de bourg, nous trinquons à notre louloute.
14/03/06 J’ai passe une nuit épouvantable, insomnie jusqu'à 4h du mat’. Dès que je fermais les yeux, les larmes se mettaient a couler, alors que Guillaume s’est mis à ronfler, la lumière allumée, 5 minutes après s’être couché. Grand moment de solitude.
Lluviana est partie dans la souffrance, sans moi. Et si je n’étais pas partie ? En fait je suis convaincue qu’elle ne serait pas tombée malade, pas encore, pas si vite. Mais je ne peux rien changer, c’est trop tard, et je n’y peux rien d’ailleurs. Si j’avais su aurais-je fais différemment ? peut-être pas. Compte tenu des sanglots interminables que j’ai versé en la quittant et de son attitude exceptionnellement avenante et proche de moi quand d’habitude elle part se cacher, je crois que nous nous sommes préparées à ne jamais nous revoir. Ce fut une belle rencontre, une histoire trop courte. Je suis désolée pour mon père, amoureux des chats, qui s’était promis de ne plus en prendre car les voir mourir est trop difficile et tous étaient partis avec cette foutue leucose féline. La fin a due être éprouvante jusqu'à la piqûre qui lui a abrégé les souffrances.
Au réveil, pas le temps de souffler, nous partons demain pour Johannesburg et il reste plein de choses à organiser. On court toute la journée pour payer les billets, organiser un envoi par fret d’objets d’Afrique de l’ouest dont nous allons en acheter une partie dans un marché d’artisanat. A la fin de la journée, nous n’avons pas réussi à passer pour payer le billet à l’agence de voyage avant sa fermeture. Après avoir comparé les tarifs d’une agence de fret, DHL et la poste, nous constatons que finalement la poste est la moins chère pour le petit volume que nous avons. Demain matin s’annonce chargé, nous devons partir à l’aéroport a midi. Rien de tel qu’un peu de stress pour raviver nos tensions que nous réussirons finalement a maîtriser. Guillaume est mort de fatigue. J’essaye de gérer les priorités quand il n’en peut plus, bien que cela me coûte beaucoup. Je tire encore sur les réserves.
15/03/06 Lever 7h, pas de petit-déj, nous fonçons à la poste après avoir déposé l’argent a l’agence sans obtenir les billets, il y a un délai pour les imprimer … Nous attendons plus de 2h que le colis soit empaqueté, pesé, les adresses remplies, jusqu'à obtention du précieux reçu … Guillaume est sur position veille, à mi-chemin entre l’épuisement et l’exaspération. Je préfère prendre les choses en main plutôt que de le voir s’énerver. On saute dans un taxi et prévoyons de nous repartir la suite : je finis les sacs, il récupère les billets. Le taxi nous déposant finalement devant l’agence, nous y allons ensemble, heureusement. Les billets ne sont pas imprimés, leur système informatique ne leur permet pas s’il n’y a pas de billets retour ou continuation. Dans nos recherches nous n’avions rien vu à ce sujet.
Entre temps, j’ai proposé a guillaume de rentrer a la guest house, sentant qu’il n’avait pas l’énergie de gérer. Je pars en taxi au siège d’Ethiopian Airlines, craignant cette fois-ci de manquer l’avion. Apres 1/2h de discussions, le discours est stérile : pas d’impression sans billet de sortie du territoire. Impossible à obtenir dans les délais impartis. Un message d’urgence est envoyé dans leur agence de Johannesburg, leur demandant une confirmation de l’immigration. Je négocie une impression des billets sous réserve d’une réponse de Jo’burg. Il est presque 13h, le vol est a 15h15, je fonce, récupère Guillaume, direction l’aéroport. L’enregistrement se fait étonnamment sans trop d’encombres. Nous changeons nos derniers cedis en dollars, passons la douane et l’immigration. Au moment d’embarquer, les choses se compliquent. Une bonne femme un peu pete-sec nous somme d’attendre dans un coin. L’embarquement commence, elle s’excite sur son talkie-walkie. Finalement, aucune réponse de Jo’burg, nous n’embarquerons pas. Si près du but. La poisse nous suit, la série n’en finit plus. Nous a-t-on jeté un sort ? Nous repartons sans argent vers la capitale, annuler nos billets, réserver une chambre, et finalement enfin nous poser.
Le lendemain, rebelote pour les démarches mais a un rythme plus tranquille. Nous trouvons un billet électronique payable par CB sur internet par South African Airways. Seul rayon de soleil de la journée : « L’Orangery Crêpe and Salad bar ». Je déguste une soupe de potiron, crêpe saumon crème fraîche et glace au chocolat à l’ancienne avec pépites. Guillaume pâtes fraîches et un « chocolate cheese cake ». Ahhhhhhhh rien de mieux pour se requinquer.
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