
Les jours qui suivent sont tendus, nous nous engueulons pour un rien même si heureusement Lluviana remange et reprend des forces. Cela nous permet de nous recentrer sur nous. Nous passons la majeure partie de la journée sur internet à tchatter avec famille et amis, et à mettre à jour le blog. Tout ce qui peut être fait pour nous détendre est le bienvenu. On s’autorise une soirée en bord de mer avec un « tilapia » (poisson local) et 2 bouteilles de vin blanc, qui nous vaudra une bonne gueule de bois le lendemain. Cependant la moindre contrariété fait déborder le vase. La fatigue nerveuse ne nous permet pas de relativiser sur la situation. Nous nous séparons régulièrement dans la journée. La présence de Guillaume me génère du stress que je ne suis pas en mesure de gérer. Je suis à bout, je perds le sens de ce voyage, incapable de penser à la suite ni d’apprécier quoi que ce soit. J’hésite même a prendre un avion pour Paris ne serait-ce que pour voir Lluvi. Il faut que je prenne soin de moi et éviter, tant que je n’en ai pas l’énergie, les conflits.
Le lundi, Lluviana dévore, commence à gambader, la pression se relâche. Cela ne nous empêche pas de nous disputer à nouveau et nous passons la journée à nouveau chacun dans notre coin. Fin de journée, nous nous retrouvons, rebelote, je repars Guillaume va dîner tout seul. Je réalise que je suis à bout de nerfs, qu’il faut que cela s’arrête, je dépose les armes. Je reviens, bien déterminée à entamer une trêve mais le ton monte. Je finis pas exposer ma sensibilité, ma vulnérabilité, ma tristesse, ma résignation, mon découragement, notre incapacité à nous soutenir. Pour une fois je lui demande d’être solide à ma place. Je suis juste lasse mais je veux repartir de l’avant et que l’on commence à penser à la suite. Le mardi et le mercredi y seront dédiés.
La suite du programme, c’est le Cameroun, par le Bénin et le Nigeria. Mais voilà, le Nigeria, c’est la grippe aviaire et les expats assassinés, nous ne savons même pas si nous pourrons y passer. Trouver une alternative. L’avion ? Les billets sont assez chers mais nous sommes tentés. Départ depuis Cotonou, ce qui nous permettra de voir un peu le Bénin, comme prévu. Sauf que depuis le début de l’année, les normes d’immigration ont changé, le visa est devenu très cher (95 euros) et il n’est plus délivré à l’aéroport. Dernière option le Tchad (donc le Niger après le Bénin) ou le Gabon (avion plus un visa très cher aussi). Au bout de 2 jours de recherches, de calculs de budget et de durée de voyage, nous abandonnons … trop dur, trop tard, tant pis.
Prochaine étape : l’Afrique du sud un peu en avance. Nous en profiterons pour visiter le Lesotho. Du coup, nous décidons de nous faire une petite semaine de plage après avoir acheté les billets. Depuis Accra, les billets pour Johannesburg sont moins chers que depuis un pays francophone. Sur internet, impossible de payer par CB, pas de billets électroniques. Nous prévoyons enfin notre départ du kokomlemle le jeudi. A l’agence de voyage du « busy internet », ils nous annoncent qu’aucun paiement en CB n’est possible non plus, il faut payer en cash et en dollars. Nous courons a la banque, retirons tous les 2 le maximum autorise, soit moins de la moitié du prix des billets et nous réalisons par la même occasion que cette opération nous coûte presque 100 euros d’écarts de change uniquement ! Plan B trouver une autre agence, payer par CB. 2 autres agences, même résultat, c’est la compagnie aérienne, Ethiopian Airlines qui impose le paiement en cash. Nous consultons même les « forex » (bureau de change) pour gagner un peu sur la conversion du dollar. Nous réservons finalement nos billets à la 1ere agence avec la moitié du paiement et à 17h nous partons enfin pour la plage, épuisés, après avoir couru dans toute la ville.
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